La crise, cette nébuleuse
Pourrait-on demander à un journal sérieux comme Marianne de nous expliquer les tenants et les aboutissants de ce phénomène auquel tout le monde se réfère sans jamais nous en donner les réelles causes et effets concrets. J'avais écrit, à l'été 2008, que le clan au pouvoir s'en servirait de prétexte pour cacher leurs basses manoeuvres. Je ne laisserais personne dire que ce quinquennat a été un échec car grâce à la crise toutes les options ont pu être menées à bien. La dette a explosé ce qui justifie des plans de rigueur! Les réformes (régressions sociales) ont accompagné 29 taxes supplémentaires ! la paupérisation de la population est en cours, les restos du coeur en témoignent. Les défiscalisations profitent aux plus aisés dont les généreux donateurs de l'UMP. Vraiment, la crise, cette nébuleuse, a bien servi les intérêts de la caste au pouvoir, un autre quinquennat pourrait parfaire la "tatcherisation" de la population et après, encore, quelques autres plans de rigueur nous ramener au niveau de la Grêce.
Marine : même pas peur !
Après avoir lu le dossier sur "je vote Marine le Pen", je ne comprends pas l'acharnement de Marianne et des autres médias à démontrer le péril qu'un vote en sa faveur pourrait représenter. Ce n'est sûrement pas les arguments de l'échantillon représentatif d'un vote FN qui peuvent convaincre d'autres que ceux déjà convaincus que la démocratie est en danger. Même si Marine le Pen était au 2ème tour, cela n'aurait d'autre effet que de faire élire son concurrent, quel qu'il soit, dans un fauteuil. On nous a déjà fait le coup de "la France en danger" en 2002 ce qui a fait élire "Supermenteur" à plus de 80%. Seul le clan Sarkozy a raison de s'inquiéter du vote en faveur de la patronne du FN car c'est son candidat et personne d'autre qui serait éliminé au 1er tour. C'est aussi, à droite, ce qui explique le bon score de François Bayrou. Les acclamations et les encouragements des groupies (les mêmes que pour Franck Michael) lors des déplacements élyséens ne peuvent que faire illusion. La peur a changé de camp et le peuple va reprendre possession de sa République.
Pas de repentance
Merci à Alain Rémond qui, dans le n° 768 de Marianne, remet à sa juste mesure cette " mode de mettre tout ce qui va mal sur le dos des baby-boomers dont je suis. Nonobstant tout ce qui est écrit dans cet éditorial, auquel j'adhère entièrement, je complète le propos en indiquant que d'avoir, dans ces années là, vécu dans une famille modeste avait permis d'être écolo avant l'heure et avant même que cette notion soit un concept. En effet, le gaspillage ( eau,électricité, les modes) n'était pas de mise et les achats ne se faisaient qu'en fonction des besoins et non pas des envies. Rien n'était jetable, tout était recyclé, les poubelles n'existaient pas. Par contre, la vie n'a pas été aussi facile que ce que l'on nous reproche maintenant. Il a fallu pour certains passer des concours et nous n'avons pas eu le jour ce que nous rêvions la nuit. Les métiers étaient souvent pénibles ( mineurs,pêcheurs, cultivateurs etc) avec l'utilisation de produits maintenant fortement réglementés voire prohibés (amiante, hydrocarbures, et autres polluants).Il faut ajouter que le manque d'emploi actuel n'est pas notre fait mais celui de nos dirigeants qui continuent à saboter notre économie au profit de quelques privilégiés. Alors, SVP, ne nous accablez pas et laissez-nous profiter, pour ceux qui ont la chance d'avoir survécu, d'une retraite bien méritée.
Montebourg a raison
Montebourg se relance dans une croisade anticorruption au sein de son propre parti. D'aucuns disent qu'il ne fait là que servir son ego surdimensionné. D'autres, que ce parti pris dessert les intérêts de la gauche. D'autres encore pensent que c'est faire là le jeu du front national dans le " tous pourris". Et enfin, à l'UMP qui ferait mieux de balayer devant sa porte,plutôt que de claironner qu'il n'y aurait d'affaires de corruption qu'au parti socialiste. Le tout relayé dans les médias "haro sur le Montebourg" pour toutes les bonnes raisons données ci-dessus. Voudrait-on revoir d'autres " carrefour du développement? Si les dénonciations sont avérées, n'est-il pas sain que l'on puisse retrouver, aux manettes de l'état en juin 2012, un parti débarrassé de ses scories affairistes et frauduleuses ainsi que des hommes qui en sont porteurs.Il est temps que le parti socialiste retrouve des vraies valeurs de gauche dont la probité est une base incontournable. Il en va de sa crédibilité et donc de l'adhésion du peuple.
Mystification électorale
La campagne électorale est lancée avec son cortège de coups bas, de dénigrements et de manipulations de l'opinion publique dont sont victimes actuellement, Eva Joly, François Hollande et François Bayrou. Les médias de connivence nous invitent à être admiratifs de cette façon de faire de la politique et d'en tirer la conclusion que notre Président est l'homme qu'il nous faut reconduire (sous entendu, les autres nous mèneraient à la catastrophe). Il ne se passe pas une journée sans qu'il intervienne au 20 heure, lors d'une visite d'un site bien choisi, pour nous faire une déclaration péremptoire et désigner à la vindicte ses adversaires politiques. Sa propagande est bien réglée, nous en payons le prix dans le budget de l'Elysée. Mais il faudra bien quand même que des commentateurs sérieux et non partisans nous fassent le bilan de la politique menée depuis 2007. Qu'ils nous détaillent la liste des promesses non tenues, des reniements en tous genres, des réformes qui ne sont que des régressions sociales, des déclarations non suivies d'effets et d'une situation déprimée dans laquelle la France va se retrouver. Comment peut-on encore donner quelque crédit que ce soit à sa parole ? Ses propagandistes nous disent qu'il n'a pas pu appliquer son programme à cause soit des 35 heures soit la retraite à 60 ans soit à cause de la crise ! La crise l'a servi et les choses sont simples : ou il maîtrise cette crise comme on veut nous le faire croire et on n'en parle plus, ou il ne la maîtrise pas et il fait comme tout ces dirigeants européens qui ont démissionné pour les mêmes raisons.
La crise? quelle crise ?
la triste palinodie surjouée par de pâles histrions donnée, ces jours-ci à Bruxelles, n'a d'autre but que de permettre aux gouvernants européens d'enfoncer le clou dans le sens de la " tatchérisation" des masses populaires. Nous sommes dans ce scénario dont le peuple grec a déjà fait les frais. Donc, toute cette gesticulation et cette dramatisation vont avoir pour effet de faire accepter aux peuples occidentaux leur propre paupérisation. Les économistes institutionnalisés se répandent dans les médias pour nous convaincre qu'il n'y a pas d'autre solution et que la rigueur est la panacée. D'autres économistes, marginalisés osent une autre interprétation de la crise et des solutions dans le sens de ce qu'a prôné le CNR et vers plus de justice sociale mais sont aussitôt traités de populistes et de démagogues.Les manifestations des indignés n'y changeront rien et seront réprimées dans le sang , s'il le faut. L'ultra-libéralisme et la mondialisation " heureuse" ont encore de beaux jours devant eux, le peuple manipulé est résigné.
2ème tour des primaires
Les français sont des veaux disait le général De Gaulle, les français ont la mémoire courte disait un autre. En effet, les résultats du 1er tour des primaires confirment ces sentences d'autant plus pour le peuple de gauche. Manipulés par les médias " bien-pensants " et les instituts sondagiers et après avoir désavoué Jospin en 2002 il n'a rien de plus pressé que de mettre au 2ème tour les candidats dont le programme ne serait pas désavoué par celui-ci. Les marchés, les banquiers, les spéculateurs et les rentiers peuvent dormir en paix. Bien sûr le réveil sera brutal comme après l'élection de 2007. Il ne se passera pas un mois à celui ou à celle qui sera élu(e) pour venir nous expliquer que la situation est plus grave que prévu et que nous n'avons d'autre choix que l'austérité! Ainsi un scénario à la grecque s'établira et le peuple en colère sera dans la nasse qu'il aura lui-même tendue. Seule une vraie rupture (type amérique du sud) avec des citoyens se servant de leur bulletin comme d'une arme peut apporter une alternative au système ultra libéral et anti peuple qui nous est imposé. Nous ne l'aurons pas cette fois, le peuple de gauche en a décidé autrement! C'est pourquoi je n'irai pas perdre mon temps au 2ème tour des primaires car je me désolidarise de la panurgie ambiante.
Le rideau de fumée ( la crise )
Maurice Szafran intervient dans les médias pour dire que seule Ségolène Royal, parmi les candidats socialistes, minimise les effets de la crise sur l'économie. Pourrait-on m'expliquer en quoi cette crise, dont les contours ne sont jamais définis,pèse sur les économies des pays. Les banques se sont renflouées à bon compte, les grandes entreprises en ont profité pour délocaliser, les spéculateurs se gavent en jouant sur les matières premières, sous l'injonction et la complicité des agences de notation nos dirigeants imposent la rigueur à leurs peuples. Sous couvert de cette crise des mesures de régression sociale sont prises avec l'aval implicite des candidats socialistes désignés par les sondeurs qui nous demanderont une rigueur de gauche. Donc, contrairement aux experts, Ségolène Royal a raison et propose des solutions compréhensibles, simples et efficaces. Il appartient aux médias, non inféodés, de le faire savoir avec force et argumentation afin de mettre fin au carcan des gabegies mortifères.
Marianne et son mea-culpa
Ainsi Marianne n'échappe pas à la connivence et même au copinage avec les hommes politiques. L'affaire DSK fait des dégâts mais est un révélateur de l'état d'esprit de nos médias. Jean-François Kahn, désabusé, quitte le journalisme alors qu'il a encore tant à nous apporter par son éclairage des événements et sa pertinence. Maurice Szafran avoue avoir été du nombre des soutiens de DSK alors même qu'il connaissait, mieux que quiconque, le comportement sexuel et le positionnement de nanti de ce dernier. Joseph Macé-Scaron continue de penser qu'il faut séparer la vie privée et la vie publique ce qui est sans doute vrai mais pas pour quelqu'un qui aspire à gouverner le pays. Jacques Julliard écrit que " l"affaire DSK est en train de cannibaliser" le débat public. Dans le numéro 742 il y a encore pas moins de 28 pages sur cette affaire. Le cas DSK n'est plus qu'un fait divers new-yorkais. Alors ne serait-il pas temps de se concentrer sur la politique de notre pays et sur les candidats qui proposent de vraiment changer les choses.
Le parti socialiste est-il de gauche ?
Pour ce qui est de DSK, la preuve a été maintenant faite qu'il n'en est rien. Ce qui est atterrant, c'est que certains socialistes se lancent dans la croisade des primaires pour "représenter les idées de DSK" qui ne sont autres que celles d'un directeur du FMI, c'est à dire d'un ultra libéral. Il y a une perversion des esprits chez les socialistes qui (pour caricaturer) pensent que représenter les valeurs de la gauche c'est être favorable à la dépénalisation du cannabis et au mariage des homosexuels. Ces options ne sont importantes que si elles sont précédées par des valeurs telles que " justice sociale - solidarité - probité - empathie - rigueur républicaine et morale - volonté d'être au service de tous - protection des services publiques - écologie - démondialisation etc. Ségolène Royal semble être la détentrice de ces valeurs au parti socialiste c'est pourquoi elle est tant décriée par les ténors de ce parti, par les médias " biens pensants" et par la haute finance. Les primaires, de ce point de vue, devraient éclairer le débat et permettre aux électeurs de gauche de se prononcer en toute connaissance de cause.
